Jules Gévelot

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Jules Félix Gévelot (1826-1904) fut élu député de l’Orne en 1869 et réélu à cette fonction sans interruption jusqu’à son décès.


Propriétaire à Bellou-en Houlme du domaine de Dieufit, il fut également conseiller général du canton de Messei (1869-1904) et même Président du Conseil général de l’Orne pendant quelques mois.
Il fut maire de Conflans-Sainte Honorine (Seine et Oise) de 1871 à 1880.

 

Entré dans l’industrie à la suite de la mort prématurée de son père, il dirigea la Société Française de Munitions d’Issy-les-Moulineaux et des bruyères-de-Sèvres où il développa une fabrication de cartouches de guerre et de chasse qui acquit une réputation exceptionnelle dans le monde entier. Ses usines employèrent jusqu’à 2500 personnes. Dans cette branche, il fit une brillante carrière s’adaptant aux nouvelles techniques évoluant avec les guerres.

 

Son implantation dans l’Orne et, par la suite, son intérêt pour l’agriculture puis sa carrière dans la politique, se firent par le plus grand des hasards.
En effet, Jules Gévelot acheta dans les années 1860 à M.Bertrand, maire de Caen, une forêt de 500 hectares dans l’Orne, sur les hauteurs du Mont d’Hère, ligne de partage des eaux entre les bassins de l’Orne et de la Loire aux confins de Bellou-en-Houlme et de la Coulonche. Il pensait profiter de ses loisirs pour défricher, mais la crise de l’industrie cotonnière, due à la Guerre de Sécession américaine, plonge la population de la région flérienne dans la misère. Constatant la détresse de milliers d’ouvriers, il leur offrit de venir défricher la forêt ce qui fut fait en moins d’une année, à grand frais, mais cette manne permit à des milliers de personnes d’attendre la fin  de la crise.

 

Dans le même temps, Jules Gévelot, développa des méthodes modernes d’agriculture, créant la magnifique ferme-modèle de Dieufit (architecte Henri Amiard) sur la commune de Bellou-en-Houlme. Il obtint la reconnaissance et la confiance du monde ouvrier-son élection en 1869 face au député sortant Torcy entraîna la liesse des Flériens qui se rendirent en cortège et en masse à Dieufit-et du monde agricole ce qui lui valut de siéger à l’Assemblée Nationale et au Conseil Général de l’Orne pendant 35 ans.

 

Dans le domaine agricole, il fut à l’origine du regroupement des comices cantonaux de l’arrondissement de Domfront en grand comice. Il fut l’un des fondateurs de la Société française d’encouragement à l’industrie laitière et l’un de ses premiers Présidents. Le plus surprenant est qu’il fut capable de mener de front, avec autant de réussite, ses trois carrières, industrielle, agricole et politique, occupant dans chacune des postes importants.

 

Défendant le régime républicain, il vote en 1875 l’amendement Wallon par lequel la République fut confirmée à une voix de majorité.
Député du centre gauche- il apporta ainsi son soutien à Ferry dont il vota les lois - il s’opposa aux conservateurs et radicaux dont il refusa la politique anticléricale. Favorable au maintien du Concordat, il glissa ainsi vers la droite au tournant du 20ème siècle.

 

En dehors de son œuvre et de son nom qui ont marqué des générations de chasseurs, on retiendra de Jules Gévelot qu’il fut un grand bienfaiteur pour notre département.

 

Cette reconnaissance s’exprima à Flers, après sa mort survenue dans son domaine de Dieufit le 17 août 1904 (il fut cependant enterré dans le cimetière du Père Lachaise le 22 août) par l’édification, à la suite d’une souscription publique, d’un monument à sa mémoire, dans la cour d’honneur du Château.

Jules Gévelot