Les Britanniques libèrent Flers et ses environs

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Welcome band of Brothers !
Telle aurait pu être la clameur en ce jour du 16 août 1944. Un jour à marquer d'une pierre blanche dans l'histoire de l'agglomération de Flers. Les alliés vont libérer le secteur de l'occupant Nazi. La 11eme division blindée et la 3eme division d’infanterie britanniques vont gagner des combats décisifs de la Bataille de Normandie. Seul Saint-Clair-de-Halouze fait exception, le village est délivré par les troupes américaines.

PHOTOS
VIDÉO
Photos: 
130S057 Ruines de Flers vue de la place centrale et de la rue de Paris août 1944 - Fonds Jacques Seigneur-Lemaître, Archives Flers Agglo
131S02 - Flers de l'Orne - Une ville détruite après les bombardements - aout 1944 - Fonds Paul et Camille Duguey, Archives Flers Agglo
131S001 - Flers, ville détruite lors des bombardements du débarquement - août 1944 - Eglise St-Germain et rue de la Boule - Fonds Paul et Camille Duguey, Archives Flers Agglo

video: 

Start:


adresse: 
61100 Flers

Description: 

Le Dénouement
Le 16 août au matin, le 3eme régiment de reconnaissance, unité de la 3eme DI, reçoit l’ordre de pousser jusqu’à Flers. La mission est confiée à l’escadron C du major Norton.

 

Vers 11 heures, le capitaine Alexander, le capitaine Mainwaring et quelques hommes pénètrent dans Flers. Il s'agit là d'une mission de reconnaissance. Sur place, ils ont un contact local. Robert Duguey, un Flérien, va guider et renseigner les troupes dans leur avancée. Grâce à cela, les soldats Alliés vont capturer des Allemands et détruire un canon anti-char dans le Haut de Flers. Le canon était situé en haut de la rue de Paris. Le dispositif Allemand est faible. Tout est réuni pour donner l'assaut et progresser. L'escadron continue son cheminement.

 

La Lande Patry est libéré une heure plus tard, à midi. Puis vers 13 heures, ils arrivent place Lelièvre. Ils viennent de détruire un véhicule léger allemand sur la rue Richard-Lenoir qui terminera sa course en feu face au château Lehugeur. La progression avance.

 

Le capitaine Ken Myhew commandant le 1st Suffolk Regiment (unité de la 3eme DI), arrive donc dans Flers avec deux véhicules blindés. Il contacte la Résistance dont le PC est établi aux Etablissements Letortu, au Pré Neuf. Il retrouve là un aviateur canadien camouflé par les résistants, Georges Lamb. La victoire de la Bataille de Normandie s'organise. Sur les indications de l’abbé Rancon, le capitaine Mayhew et ses hommes font ensuite trois prisonniers au château Sallé, route de Vassy. Flers est libéré.

 

Une progression rapide et maîtrisée
Quelques heures plus tard, vers 16h, des éléments du « Household Cavalery », régiment de reconnaissance sous les ordres de la 3éme DI, traversent la Chapelle-Biche et la Chapelle-au-Moine. Là, un véhicule est endommagé par une mine à la Helizière. Peu avant 17 heures, une patrouille avancée en direction de la fôret de Halouze effectue sa jonction avec un détachement américain venant du bourg de Saint-Clair-de-Halouze. Les Alliés gagnent du terrain. La victoire est proche.

 

L'opération Kitten est déclenchée
Il s'agit d'avancer vers la Seine. Le 30ème corps britannique prend part à ce plan. On y retrouve les 43ème et 50ème divisions d’infanterie ainsi que de la 11ème division blindée (taureau chargeant).

 

Commandée par le général Roberts, la 11eme se divise donc en deux groupes. Le premier progresse sur l’axe Flers, Ecouché, Argentan, l’Aigle. Le second par le Pont de Vère, Athis et en direction de Putanges, Gacé, l’Aigle.

 

Aubusson, théâtre sanglant
Depuis le matin et les reconnaissances sur le secteur (La Bazoque, Cerisy-Belle-Etoile, Caligny, Montilly-sur-Noireau, Saint-Georges-des-Groseillers puis Flers), les Alliés savent que les Allemands sont retranchés sur les hauteurs d'Aubusson. Le Pont de Vère sera donc un point stratégique. Le général Churcher décide de dévier l’itinéraire de sa brigade. Il veut prendre le Pont de Vère. La bataille va durer jusqu'au lendemain (23h). Elle est d'une extrême violence. Les troupes Alliés vont affronter les parachutistes Allemands. Les pertes allemandes ne sont pas connues. En revanche, les libérateurs britanniques ont perdu au moins onze hommes (les capitaines Walford et Garrett au Pont de Cère, à l’entrée du chemin du Moulin ; le sergent Titcombe et le caporal Smith dont le scout à la Guermondière). Des civils trouvent également la mort au cours de cette bataille : Léonce Betton, Jeanne Devolder, Henriette Lefevre, Alice Mesrouze. Gabrielle Mesrouze âgée de 4ans perd un bras sous les tirs d’obus.

 

Pendant ces combats, l'autre groupe de la 11eme DB poursuit la Libération du secteur.

 

Le 16 août, en fin d’après-midi, Montilly-sur-Noireau est définitivement libérée par deux régiments de la 29eme brigade (les chars du 2nd Fife and forfar et les fantassins du 3rd Monmountshire). Leur QG est établit au village du Prail.

 

Dans la soirée, les escadrons A et B du 2nd Northamptonshire, chargés de nettoyer le nord de Flers, libèrent Saint-Georges-des-Groseillers. Des Allemands qui attendaient de pouvoir se rendre sont capturés au Mesleret. L’artillerie allemande ouvre le feu. Plusieurs civils sont tués et des soldats britanniques sont blessés.

 

Souvenirs d'une ville libérée 
Le 17 août, vers 9 heures 30, les chars du 1st Northamptonshire et les fantassins du 1st Herefordshire font leur entrée dans Flers depuis la route de Vassy. Lieutenant des « Herefords », Ken Crockford témoigne de cet événement mémorable : «  Tout d’abord, cela ressemblait à l’entrée de Vassy ou dans une ville fantôme, sans aucun signe de vie ! Puis après quelques centaines de mètres, des portes s’ouvrirent, des têtes apparurent et disparurent, des portes de refermèrent. Ensuite, des portes se rouvrirent et cette fois des gens sortirent et nous regardèrent en silence. En nous reconnaissant, semble-t-il, ils se mirent à battre des mains et à nous acclamer. Des portes s’ouvrirent tout le long de la rue, des gens sortirent en nous applaudissant et nous gratifièrent comme par enchantement de bouteilles de vin. Je crois bien qu’on nous donna du Calvados et qu’on nous pressa d’en boire. Nous n’avions jamais rencontré un tel accueil à notre entrée dans une ville ou un village et j’eus beaucoup de mal à convaincre mes soldats de ne pas accepter d’alcool et de continuer à avancer ».

 

Maurice Duguey, maire de Flers, souhaite la bienvenue, au nom de la Ville, aux officiers britanniques auxquels il offre le champagne. La Selle-La-Forge acclame à son tour les libérateurs, suivie en fin de matinée de Landigou. Le Pays de Flers est maintenant définitivement évacué par l’armée allemande. Ce sera ensuite pour eux « la poche de Chambois ».





Les Britanniques libèrent Flers et ses environs